L'historique des Yoles rondes

Les premiers marins pêcheurs de la Martinique se servaient du gommier (embarcation tirée d’un tronc d’arbre du même nom qu’ils creusaient, taillaient …..). Cet arbre finit par s’épuiser dans nos forêts en même temps que le nombre de pêcheurs augmentait.

Ils eurent recours alors aux îles voisines (Sainte Lucie et Dominique) pour s’équiper. Cette solution n’arrangeait pas tout le monde et certains cherchèrent une solution de rechange….

Dans les années 40, un charpentier du François, réussit à concevoir une embarcation s’inspirant à la fois du gommier et de la yole européenne. A partir d’une ossature (étrave, étambot, courbes….on met les planches).

La yole ne tarda pas à supplanter le gommier surtout sur la côte atlantique de Grand Rivière à Sainte Anne voire Marin.


Les pêcheurs utilisaient principalement la voile pour revenir de leur lieu de travail à cette époque et se lançaient des défis : il s’agissait de ne pas arriver le dernier sinon on perdaient le produit de sa pêche. Plus tard des courses sauvages furent organisées le Dimanche.

Bien entendu avec l’arrivée des yoles, cette pratique continua et s’amplifia même si bien que les courses se faisaient lors des fêtes patronales du François, du Robert, du Vauclin sous l’impulsion de certains mécènes.

Devant l’intérêt que portait le monde de la mer à ces confrontations, des hommes, qui étaient certainement des visionnaires décidèrent de créer la « Société des Yoles et Gommiers de la Martinique » en 1972.
En 1984 les gommiers se séparèrent des yoles et « la Société des Yoles Rondes de la Martinique » prit naissance.

Elle est dirigée par un Comité de 15 membres, présidée par Alain Dédé et compte 700 membres.

Elle organise chaque année :
• Un Championnat (Challenge)
• Le Challenge du 22 Mai
• Le Tour de la Martinique
• La Coupe de la Martinique

Le Clou de la Saison est le Tour qui est devenu l’ événement touristique, économique, médiatique, sportif, culturel….de la Martinique.

L’embarcation actuelle qui n’a rien à voir avec celle du début est devenue une véritable œuvre d’art.

Les Martiniquais se sont appropriés ce sport unique au monde et personne ne veut manquer le Tour qui pendant une semaine permet à l’île d’oublier ses soucis en vivant des moments d’intenses émotions.

Les yoles sont très demandées à l’extérieur : déplacements en Guadeloupe, aux Saintes, à Trinidad, à Arcachon….mais ne peuvent pas répondre à toutes les invitations. Les voyages coûtent en effet très cher.

21 Yoles sont affiliées et autorisées à prendre part aux différentes manifestations organisées par la Société des Yoles Rondes.

La construction (10,50m maximum) doit être en bois massif. Elle est réglementée et suivie par une commission technique.
Les équipages sont constitués en Association. Elles font appel à des sponsors qui les aident à financer leurs différentes actions. Elles proposent des outils de communication comme la voile, la coque de la yole, la tenue des équipiers. Tout ceci est régie par un contrat entre l'association et les partenaires.

Au sein de la Société fonctionne une section Bébé-Yoles (6,50m de long) qui a pour vocation d’initier les jeunes à la pratique de cette discipline.

Notons que des écoles de voiles traditionnelles fonctionnent au François, au Robert, au Marin….et bientôt à Trinité.

 

La construction des Yoles rondes

A l'origine, la construction de la Yole ronde est née de l'imagination des charpentiers de marine, conçue et réalisée à partir d'outils rudimentaires telles la hache et la tille. C'est au fil des ans, qu'elle s'est transformée, pour aujourd'hui devenir une oeuvre d'art performante à plus d'un titre.

Il convient de souligner jusqu'à nos jours l'absence de plan chez l'Artisan constructeur. L'Expérience, l'Usage, l'Observation, étant les mots clés de la réussite.

Si les premières yoles fabriquées, notamment celles qui ont effectué le 1er Tour Amateur en 1966, affichaient une longueur variant entre 6,50 m et 7,50 m, et embarquaient 5 à 6 équipiers, il faut signaler à ce jour la nette évolution opérée.

L'apparition du Nylon en 1986 en remplacement du Coton, fait qu'elles peuvent en se couvrant de 2 voiles totaliser jusqu'à 100 m² de surface et embarquer un nombre d'équipiers variant entre 15 et 18.

Avec un jaugeage supérieur à une tonne et un poids avoisinant les 800 kg, un renforcement de la structure dans toutes ses parties s'imposait. Ainsi entre 1979 et 1985, la longueur ne dépassera pas les 8,50 m à 9 m. Entre 1987 et 1994, elle sera de 9 m à 10,30 m. C'est à partir de 1994 que la S.Y.R.M., en définissant la "Yole Ronde et ses Accessoires", arrête la longueur obligatoire pour l'homologation de toutes les yoles en compétition, à savoir :

 YOLE

 LONGUEUR

 Grande

 10,50 m

 Bébé

 06,30 m

 Mini

 04,00 m

 

DEFINITIONS

La Yole ronde est une embarcation légère sans quille, sans lest, sans dérive ni gouvernail, à faible tirant d'eau, pouvant naviguer à 1 ou 2 voiles.

Elle est conçue par assemblage de planches ou bordés fixés horizontalement sur une ossature faite de membres. L'Assemblage en latte est interdit.

Mise en place en premier lieu, l'ossature (Planche 1) se compose de la Monture, de l'Etrave, des Foucas, des Membres et du Tableau arrière.

La "Monture" est la pièce maîtresse qui se pose la première. Elle reçoit sur la partie supérieure de l'avant vers l'arrière, l'Etrave, les Foucas, les Guirlandes, les Membres et le Tableau arrière.

"L'Etrave" est une pièce de bois taillée en forme de "L", sa base est fixée sur le dessus de la monture.

Les "Foucas" sont en forme de "V" et reposent également sur la monture. Obtenus à partir d'une seule pièce de bois, ils doivent avoir une épaisseur suffisante afin de recevoir et de maintenir les pieds de mât. Ppour cela, les Foucas comportent une cavité à leur base. Ils reçoivent également, dans leur partie supérieure, les Tôtes de mât.

Pour les grandes Yoles, on retrouve, en principe, deux foucas. Mais ils peuvent être remplacés par des sabots dont la fonction est de recevoir et maintenir le pied de mât, dans ce cas la tôte de mât est maintenue par des guirlandes.


Juste après les foucas, de l'avant vers l'arrière, sont montés les Membres ou courbes. Parmi ces Membres, on en trouve un appelé "Guirlande", membre d'une seule pièce en bois massif. La Guirlande sert à consolider et renforcer les bordés aux abords des foucas.

Dans la chronologie de la construction, le Membre du milieu est posé juste après l'Etrave et le Tableau arrière et sert de Gabarit central. Les membres ou courbes peuvent se présenter en une seule pièce (guirlande) ou être montés en deux ou trois pièces.

Fixés sur la partie supérieure de la Monture, les Membres reçoivent les bordés et les planches.

Le Tableau arrière ou Etambot , fixé également sur la partie supérieure de la Monture est complètement à l'extrémité arrière. Le Tableau arrière est obtenu à partir de bois massif et se présente en une seule pièce.

Le Tableau arrière peut être renforcé à sa base par une pièce en forme de "L". Cette pièce se présente comme une équerre et renforce la jonction entre le tableau arrière et la monture.

Le Tableau arrière peut être consolidé dans sa partie supérieure et dans sa liaison avec les bordés par une pièce de bois.

La Monture, l'Etrave, les Foucas, les Membres, le Tableau arrière ainsi que les renforts de celui-ci doivent être impérativement en bois massif. Sur l'Ossature ainsi assemblée, les planches sont fixées. Celles ci sont posées sur la partie extérieure des membres de façon horizontale, parallèle à la monture et de l'étrave à l'étambot. La planche posée sur la partie supérieure des membres s'appelle Bordé.

Les planches utilisées (poirier, cèdre) doivent être de bois massif et d'une seule épaisseur entre 15 et 20 cm. En principe, d'un seul tenant, les planches peuvent toutefois présenter des greffes afin d'obtenir les longueurs souhaitées les planches sont ajustées bord à bord. Au niveau des membres du milieu, est monté également un sabot. A l'image des sabots de l'avant, cette pièce est destinée à recevoir le pied de mât de la grande voile.

A l'intérieur de la coque, de la tôte des mâts (partie avant de la yole) jusqu'à l'étambot sont montées deux rangées de lisses. Les lisses inférieures servent de point de cordage aux "Bois dressés". Listons et lisses doivent être en bois massif.

Les Tôtes de mât : pièces de bois épaisses qui viennent se placer au dessus des foucas et des sabots et comportent un orifice destiné à recevoir le mât. Les tôtes sont conçues en une seule pièce de bois massif ou par assemblage de deux tranches de bois massif collées. Des renforts peuvent être fixés en travers de l'embarcation et relier ainsi la partie supérieure des membres. Ces renforts doivent être en bois massif.

A l'arrière et à l'extérieur de la coque, à tribord et à bâbord, sont montés les engrenages. Ils servent à caler la pagaie afin de gouverner et de manouvrer l'embarcation. Ils évitent à la pagaie de glisser contre le bord. Ces pièces sont en bois massif.

Sous la monture, est fixée une pièce rectiligne dénommée Semelle. Elle sert de protection lors des échouages et permet de diminuer la dérive et d'améliorer le cap de l'embarcation lors de la navigation. La semelle doit être en bois massif toute excroissance rappelant une quille est interdite.

Sous la semelle et contre le tableau arrière, pour les grandes Yoles et lors des courses à 2 voiles, est fixée une pièce escamotable appelée "Fausse quille". Cette pièce doit être obtenue à partir de bois massif.

Contre l'étrave, à l'avant, est fixée une pièce très effilée appelée "Taille mer". Celle-ci permet une meilleure pénétration dans l'eau. Cette pièce doit également être en bois massif.

 

LES ACCESSOIRES

Mât : Arbrisseau (Bois côte ou Epiny) d'un seul tenant ou avec une "enté" ou greffe. Cette partie greffée ne pouvant dépasser le quart de la longueur totale du mât. Renforcement possible du pied de mât par la fibre de verre et de la résine sur une longueur maximale de 1 mètre.

Pagaie : Construite à partir de bois massif, forme plate avec bout de pelle au choix, renforcement possible (fibre de verre + résine).

Vergue :
Bambou pouvant être renforcé par des lattes de bambou ou par de la fibre de verre + résine. Bois dressés : Arbrisseaux (Mangle blanc ou rouge)

Bois Bouline ou Va-et-Vient :
Bois massif exclusivement fixé ou non.

Anneaux :
Métal fixation libre sur membres, lisses ou bois bouline.

Tiges filetés :
Métal résistant

Peinture : Intérieure, extérieure libre.

Voiles :
Coton, nylon, dacron, milar, kévlar, surface libre.

Tolé :
Petit morceau de bois pour calage des bois dressés et écoutes.

Pont :
Escamotable et en bois.

Palan :
Avec ou sans taquet coureur :
la Misaine : un Palan est autorisé pour Ecoute du bas de la voile,
les 2 voiles : un Palan autorisé Ecoute du bas,
voile misaine : un palan autorisé pour écoute du bas (grand'voile).

Cordage de maintien de la Vergue au Mât : Cordage autorisée (choix du textile libre)

Cordages :
Ecoute, corde bouline, estrope choix libre quant à la nature du textile.

Protection étrave : - base Tableau arrière : Une pièce de métal peut être fixée à la base de l'Etrave ou à la base du Tableau arrière (hauteur maximale : 15 cm)

Protection semelle : Une pièce de métal peut être fixée de l'Etrave à l'Etambot.

Taquet :
Seuls des taquets en bois sont autorisés à être fixés sur la coque.

 


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